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séminaire : Réception & représentation – séance 1/7
©Wild Bunch Distribution

Date/heure
24/11/2015
17 h 00 - 19 h 00

Emplacement
La MSHA - salle 3

Catégories


affiche du film « La vie d’Adèle » de Abdellatif Kechiche avec Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos – 2013

De l’impatience à la déception :
la réception de La Vie d’Adèle (Kechiche, 2013) sur un forum communautaire lesbien, Univers-l

mardi 24 novembre 2015 à 17h00 – MSHA, salle 3, Pessac
ligne B, station de tram « Montaigne-Montesquieu »


Présenté par : Sye-Kyo Lerebours

Si l’étude de la réception des films auprès des spectateurs-trices investit davantage le champ académique français, elle reste encore confidentielle dès lors qu’elle concerne les publics dits « minoritaires » et cela quand bien même certains films semblent leur être prioritairement adressés.

En effet, le parti-pris dominant de la critique française d’évaluer une œuvre selon des critères purement esthétiques, en évacuant toute analyse contextuelle de ses conditions de production et de réception, participe d’un certain entre-soi élitiste et ostracise les opinions discordantes et singulières des publics minoritaires, marginalisés politiquement et par conséquent culturellement illégitimes.

Au croisement des gender et gay and lesbian studies, cette communication se propose d’analyser la représentation de l’homosexualité féminine dans La Vie d’Adèle au prisme de sa réception communautaire, afin de rendre compte d’une diversité de pratiques spectatorielles trop peu documentée.
En effet, si les multiples polémiques à propos de ses conditions de production et de tournage et sa représentation de la sexualité qui ont marqué le sacre cannois et la sortie en 2013 du film d’Abdellatif Kechiche ont un temps monopolisé l’espace public, les réactions qu’il a suscité auprès du public lesbien français sont passées inaperçues.

Or, l’analyse, sur le site communautaire Univers-l (créé en 2010), du forum de discussion consacré à La Vie d’Adèle d’une part donne à voir la vitalité inédite de ce support médiatique, qui permet donc à un discours alternatif de se développer aux antipodes d’une lecture hégémonique des productions culturelles ; d’autre part, elle montre l’ampleur des attentes que le film a générées chez les spectatrices – puisque les premiers posts du fil de discussion remontent à avril 2012 -, enfin, pour reprendre les termes de Jean-Marc Leveratto, elle rend compte de leur « expertise personnelle » tout autant que de leur « orientation éthique » face au spectacle cinématographique (Leveratto, 2010). Dès lors, et grâce à une participation active au forum, cette expérience ne se limite plus à une simple vision du film mais devient, par le biais de l’échange, un moyen d’intégrer une communauté de spectatrices laquelle élabore de ce fait son propre corpus « (sub)culturel ».

À travers cette singulière étude de cas que nous articulerons à l’analyse des représentations proposées par le film et critiquées par les spectatrices, nous tenterons ainsi de délimiter les enjeux de ces discours minoritaires sur le cinéma, à la fois comme l’expression parmi d’autres d’une cinéphilie ordinaire et comme une source complexe de contestation politique.


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