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Séminaire ADS « L’ingérence créative » – décembre 2019

Date/heure
13/12/2019
14 h 00 - 16 h 00

Emplacement
La MSHA - salle 3

Catégories


Dans le cadre du séminaire de l’axe ADS « L’ingérence créative », coordonné par Patrik Marty et Oscar Motta, nous aurons le plaisir d’écouter Nicolas Nouhaud, doctorant en Arts, pour sa communication intitulée

Bestiaire de l’ingérence

Évaluation et étude de l’ingérence dans son milieu naturel

L’ingérence, une « intervention non désirée dans les affaires d’une tierce partie ». Mais comment évaluer une ingérence ? Est-ce une vraie ? Est-ce une fausse ? Est-elle vraiment efficace ? Sur quels critères fonder notre jugement ? À travers l’observation et l’étude de plusieurs spécimens nous allons entreprendre de dresser un petit bestiaire de l’ingérence, des vraies sales bêtes aux faux mignons en passant par les monstres domestiqués.

Cette intervention fait suite à celle de novembre, et s’insère dans la problématique globale du séminaire.

Problématique

Le scientifique écologiste Luc Abbadie lance publiquement en avril dernier « Artistes, nous avons besoin de vous ! » Il révélait son sentiment d’impuissance à convaincre de l’ampleur du changement nécessaire pour limiter la crise environnementale et affirmait que les formes d’expression portées par les artistes étaient plus que jamais nécessaires « pour faire passer le message ». (Abbadie) Les artistes ont une liberté exceptionnelle. Ils sont encore un peu hors la loi, juste assez pour pouvoir pratiquer un activisme intelligent. Avec une culture et une vision que n’ont plus les politiques. Ils ont un rôle à jouer dans un monde devenu étrange, sans morale ni repères. (Bellet). Les universitaires ont le choix de continuer à « disserter sur ce qui nous condamne à l’impasse », ou bien « apprendre à penser le ravage » – c’est à dire être engagé « par la même inconnue que les activistes qui tentent de réinventer les communs ». (Isabelle Stengers)

Témoigner est déjà une forme d’ingérence. Certaines créations reflètent les grands sujets du moment : crise écologique, conflits, répression, inégalités, précarité, identité… résonnent partout comme des leitmotivs. Les artistes, parce qu’ils sont des sismographes, sont des lanceurs d’alerte incontournables. Ils ont la responsabilité de ceux qui pensent la « réalité de l’art de créer », et celle de faire cohabiter toutes ces descriptions du monde, un monde qui aujourd’hui essaye de réinventer du sens, face à ˝ l’effondrement ˝.

L’ingérence créative est une médiation. Il y a un lien très étroit entre la vie quotidienne et l’innovation intellectuelle, entre l’expérience vécue, la vie réelle, et les idées qui en naissent. Tout en maintenant au maximum une pluralité de description, comme un miroir à 360°, ce changement de focus du représenté vers le réel, de l’image vers le concret, peut également être identifié dans l’ensemble des disciplines esthétiques. La place naissante de la culture dans la politique internationale en matière d’environnement témoigne de l’augmentation du nombre d’artistes impliqués dans la mise en oeuvre de solutions.

L’ingérence créative permet des rapprochements improbables pour créer des synergies, des compréhensions autres qui vont engendrer des ruptures de paradigmes et des modifications d’analyses. L’ingérence créative c’est finalement réintégrer la place de l’être humain dans le vivant et oser par sa pertinence et sa capacité, quelque soit les différentes disciplines, à secouer cette inertie sociétale.


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