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Appel à communication – Journée de recherche IP&M et Ichec

Date/heure
04/03/2019

Catégories


Les Nouvelles Dynamiques du Travail

ou

« Pousse-toi de là que je m’y mette »

Appel à communication 

Journée de recherche IP&M et Ichec

Bruxelles, mardi 4 juin 2019


Date limite de réception des propositions : 4 mars 2019


Le thème des nouvelles dynamiques du travail suggère une mise en perspective de ruptures, d’évolutions
et de transformations du travail. La journée de recherche accueille des communications susceptibles de
valoriser des contributions respectueuses des résultats propres à leurs champs disciplinaires, et éclairées
ou soutenues de manière contradictoire par des apports de la psychanalyse.

Télécharger l’appel à communication

La transformation des dynamiques du travail est généralement appréhendée au travers de ses corrélats,
selon un angle qui est celui de ses manifestations. Celles-ci caratérisent des ruptures laissant apparaître
une érosion des formes classiques de l’exercice du travail. Corrélativement, les évolutions et les transformations laissent apparaître les émergences caractéristiques des nouvelles dynamiques. La
psychanalyse éclaire ce qui se laisse entrevoir, en regard de ses inflexions théoriques et cliniques.
Dans l’ordre des constructions, l’érosion des formes classiques de l’exercice du travail cède la place à
de nouvelles formes considérées comme plus dynamiques, en relation avec les transformations
contextuelles. Ces transformations contextuelles concernent les infrastructures du développement, à
savoir, la digitalisation (dimension technologique et technique), la mobilité (dimension spatiale et
temporelle), l’innovation (en particulier managériale, organisationnelle, stratégique). Le travail les
intégre selon que l’activité est internalisée ou externalisée. Les nouvelles dynamiques du travail
contribuent à la construction et au développement organisationel en fonction des stratégies mises en
œuvre. Le plan de mise en perspective des nouvelles dynamiques du travail est donc extrêment large et
profond. Il concerne toutes catégories d’organisations.

La motivation et l’intentionnalité sont généralement d’ordre économique. Mais l’évolution conduit les
acteurs à se questionner sur la signification du travail. Les travaux de L’ANACT (2018) soulignent une
demande des acteurs visant à construire les nouveaux cadres de l’articulation de l’action collective au
travail. Cette articulation est à envisager dans le point de vue de ses différentes instances, l’individu, le
groupe, l’organisation, l’institution… Il faut souligner que le management se réfère le plus souvent à des
modélisations normatives. Pourquoi et que peut en dire la psychanalyse ?
L’éclairage peut être suggéré de différents points de vue. Peuvent être considérées trois approximations
comme clés d’entrée possible.

En première approximation, les transformations concernent l’érosion des formes classiques de l’exercice
du travail, taylorienne, fordienne – c’est du moins ce qui se dit ! – cédant la place à de nouvelles
approches, agile, apprenante, libérée, collaborative, participative… captives pour d’autres succédanés
émergents dans les mouvements du New Ways Of Working, des Nouvelles Formes d’Organisation du
Travail, par exemple… Ces transformations impactent l’activité du sujet. Quel peut être le point de vue
de la psychanalyse ?

En seconde approximation, cette évolution serait inconditionnelle et ne satisferait pas que des fins
instrumentales. Elle contribuerait aux renforcements dogmatiques. Cette approximation soutient une
argumentation politique, voire idéologique. D’aucuns y verraient une articulation à la transformation
des dynamiques du capitalisme, des dynamiques des marchés, des dynamiques sociétales, des
dynamiques sociales, de la vision des rapports au monde et de leur mise en condition… Les
transformations mettent en perspective des promesses d’émancipation du sujet, soulignées par les
attributions relatives à la place du sujet, la responsabilité, la liberté et l’autonomie, l’autorité et l’exercice
du pouvoir, l’apprentissage, la formation, mais aussi par de nouvelles dynamiques contractuelles. Ces
transformations contribuent corrélativement à l’émergence de nouvelles formes d’assujetissement de
l’individu en situation de travail.

En troisième approximation, chaque acteur construit sa relation au travail sur la base de sa singularité et
de ses fins particulières. Son action déploie et généralise les nouvelles formes de la dynamique du travail,
dans le cadre institutionnalisé par la gouvernance des systèmes. Cette perspective renvoie aux conditions
et aux modalités de l’adhésion ; elle interroge fondamentalement la relation à l’autre et « au collectif », en
termes de sentiment de classe, de sens de la fraternité – transformée en rapports d’intérêts -, et de
modalités de représentation. La psychanalyse peut apporter à cet égard un éclairage à l’aune des alliances
inconscientes.

Ces trois corpus de l’approximation conduisent au questionnement dans le registre général de la
signification (place du sujet, sens du travail, éthique, moralité…), avec leurs corrélats et leurs succédanés
(Responsabilité Sociale, Entreprise Libérée…), dont l’ersatz des symptômes est caractéristique d’une
opposition entre les manifestations des processus de défense et les manifestations des processus de
l’expression du désir. Qui est le sujet supposé désirant ? Or, toute action dans ce cadre tend vers ses
oppositions, plus ou moins contenues par la conflictualité, voire contribue à maintenir les
incompatibilités.

Le thème des nouvelles dynamiques du travail contribue à rendre compte de transformations mettant en
perspective, d’un point de vue étiologique, la nécessité la nécessité d’un discernement approfondi des
causes et des facteurs de développement de logiques de management et de communication flous au sein
des organisations, qui en infiltrent les infrastructures. L’un des succédanés est le développement des
processus sans sujet et des logiques de technostructures, impliquant d’avoir à envisager une réflexion
sur le conflit des interprétations, les idéologies, la violence agie… au nom de la performance et de la
compétitivité…

Les projets de transformation de la dynamique du travail promettent une organisation et des relations de
travail intégratrices parce que plus flexibles et plus perméables. Or, les modélisations proposées, et leurs
schématismes, sont très normatives. Elles divisent et clivent d’autres manières. En quoi les coopérations
sont-elles réellement améliorées ?

Les conceptualisations retenues sont celles-là mêmes qui ont contribué à forger les rigidités des modèles
antérieurs. Qu’en sera-t-il lorsque les nouvelles dynamiques du travail auront pris de l’ancienneté ? Les
concepteurs de ces révolutions (!), protagonistes et promoteurs, suggèrent la nécessité d’une
transformation des paradigmes et des représentations, visant évidemment les acteurs résistant au
changement ! D’aucuns en suggèrent la démystification… Aussi citons Lacan (1972-1973, 1979) dont
la formule « pousse-toi de là que je m’y mette » marque la place essentielle de l’inconscient.

Cette journée de recherche a vocation à mettre en tension les arguments pertinents, au travers de
communications valorisant des projets et des travaux de recherche éclairant des transformations
caractéristiques de nouvelles dynamiques du travail… La connaissance de ces nouvelles dynamiques du
travail est encore floue. Il serait intéressant de pouvoir envisager leur caractérisation en termes de
subordination ontologique, à savoir comment il serait possible de les classer les unes par rapport aux
autres en des catégories logiques pour leur mise en perspective dans le cadre de l’action managériale.


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