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Séminaire axe 4 : Anthropotechniques de l’auto-design – cycle 1 – séance 3

Date/heure
27/01/2016
16 h 00 - 19 h 00

Emplacement
Université Bordeaux Montaigne - salle I100

Catégories


Séminaire de l’axe ADS : figures de l’urbanité (2015-2017)

Anthropotechniques de l’auto-design – Cycle 1 – Séance 3

sous la responsabilité de Bernard Lafargue
Mercredi 27 janvier 2016 – 16h00 – 19h00 – Université Bordeaux Montaigne, salle I100, Pessac
ligne B, station de tram « Montaigne-Montesquieu »


Intervenants

Entre-deux : le cyborg contemporain

Thomas Brunel, Doctorant en Arts Plastiques (MICA)

« D’une part attiré par les rêves et promesses de la science-fiction et d’autre part fuyant l’inévitable lente et mortelle agonie que lui prévoient certains postmodernes, le corps du cyborg contemporain ne garantit plus au sujet sa constance mais lui octroie en contrepartie un aspect fluctuant, l’irisant de mille apparences qui le masquent, le couvrent, l’habillent, l’étendent ou le projettent.

Enfermé dans ce « techno-cocoon » pour reprendre l’expression de Damasio, voilà le corps fragmenté et pourtant encore uni dans une enveloppe de chair et de puces siliconées. Cyborg parcourt nos rues, vit dans nos maisons et travaille à nos côtés, plus ou moins intégré à nos vies, voire à nos corps. Faut-il avoir peur de lui ou est-il déjà trop intégré dans notre société pour cela ? »

Thomas BrunelDoctorant en Arts Plastiques depuis novembre 2012, sous la direction de Bernard Lafargue, Thomas Brunel s’intéresse au cyborg et à la relation que nous entretenons avec celui-ci, comparant les récits de science-fiction et les approches artistiques contemporaines pour mettre en avant leur similitudes et faire émerger une pensée du « vivre en cyborg aujourd’hui ».

 

La figure mythique du loup garou entre métamorphose plastique du corps et trouble de l’identité

Murielle Navarro (MICA)
Archétype du primitif, la figure mythique du loup-garou semble porter la griffe d’un accouplement contre nature. A travers son identité hybride, celui-ci ne veut plus endosser son humanité, et dévoile la « patte » visible d’une créature complexe égarée dans un demi-monde, ni humain, ni animal.

L’art contemporain a multiplié la représentation du corps humain grâce au simulacre animal comme substitut de l’homme : selon Catherine Grenier, l’animal dans l’art n’apparaît plus comme une figure bestiale, mais il devient plus humain que l’homme lui-même.

Le détour par le loup garou permettra à certains plasticiens de transposer dans leurs œuvres l’idéal d’une identité trouble et troublante avec ce personnage fascinant et monstrueux, décadent et romantique, en dissimulant les faiblesses de l’être humain sous une épaisse fourrure …

Murielle NavarroDoctorante en Arts (Théorie, Histoire, Pratique) depuis novembre 2012, sous la direction de Cécile Croce, Murielle Navarro interroge le cannibalisme symbolique des récits populaires dans l’art contemporain. A ce titre, elle questionne la chair (solide) et les sécrétions (fluides) dans différentes œuvres liées à certains contes ou mythes cannibalesques. Intervenante en histoire de l’art depuis 2007, elle anime également un Atelier arts plastiques dans un EHPAD de la région bordelaise.

Thème 2015-2017 : Anthropotechniques de l’auto-design – Premier cycle

Problématique

Dans notre monde de l’art, qui a succédé à celui de l’idéologie, le souci esthétique de soi est devenu le souci fondamental. Il a pris la forme de « l’auto-design ». Pour le pire comme pour le meilleur.
Le pire lorsque ses artistes-designers phares prennent la place du philosophe-roi de La République et de ses mille épigones pour mettre en œuvre un « design total » habile à drainer le désir de servitude volontaire de « l’homme-pluvier » du Philèbe, comme le craint une lignée de penseurs, de Marx à Stiegler en passant par Loos ou Foster.
Le meilleur comme l’espère une autre lignée, qui va de Nietzsche à Sloterdijk en passant par Michaud, Groys ou Shusterman, lorsqu’ils suscitent en tout un chacun le désir de designer sa propre existence pour ajouter l’exotisme de la petite touche de son auto-design au « design global » de la sculpture sociale du monde de l’art.
Ce n’est que dans cette dernière perspective, sociale, éthique, politique et écosophique, que le fameux vœu de William Morris: « être beau de corps, de cœur et d’esprit en travaillant de conserve avec ses concitoyens dans un bel environnement » pourrait se réaliser.


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