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Séminaire axe 4 : Anthropotechniques de l’auto-design – cycle 1- séance 2

Date/heure
16/12/2015
17 h 00 - 19 h 00

Emplacement
Université Bordeaux Montaigne - salle M104

Catégories


Séminaire de l’axe ADS : figures de l’urbanité (2015-2017)

Anthropotechniques de l’auto-design – Cycle 1 – Séance 2

sous la direction de Bernard Lafargue, présenté par Thomas Brunel

Mercredi 16 décembre 2015 – 17h00 – 19h00 – Université Bordeaux Montaigne, salle M104, Pessac
ligne B, station de tram « Montaigne-Montesquieu »


Intervenantes

La prothèse, De l’appareillage fonctionnel au détournement artistique

Aurélie Martinez (CLARE)
Pour suppléer à la perte d’un membre, l’homme fabrique des prothèses. Au fil des siècles, ces appareillages ont considérablement évolué. Mais désormais d’autres paramètres entrent en ligne de compte. Le prothésé a un souci esthétique. La prothèse doit être remarquée et remarquable.
Des designers comme les créateurs du Alternative Limb Project se spécialisent afin de répondre au mieux aux attentes de leurs clients. Dans l’art contemporain, Matthew Barney, Javier Perez et Ana Rajcevic s’évertuent à créer des prothèses totalement oniriques. Jadis, l’amputé était perçu d’une manière négative, désormais il se pare, il s’auto-designe.
Que devons nous penser du détournement de la fonction première de la prothèse ? Qu’en est-il des avancées technologiques ? La prothèse médicale n’est-elle pas en train de devenir une parure redéfinissant le regard porté sur le handicap?

Aurélie Martinez (CLARE)Aurélie Martinez est Docteur en Arts (Histoire, Théorie, Pratique), au sein du Laboratoire CLARE, Département Arts Plastiques, Université Bordeaux-Montaigne. Elle est qualifiée Maître de conférences et est chargée d’enseignement à l’Université Bordeaux-Montaigne. Elle est également plasticienne.
Ouvrage paru : Images du corps monstrueux (L’Harmattan, 2011)
Thèse : Anatomies monstrueuses : de la science à la scène de l’art actuel (2009)

 

Le cercle excentrique de l’art en design de soi. Performance et technologies du corps

Cécile Croce (MICA)
Si toute sphère sociale et culturelle produit pour les individus (qui en retour l’alimentent) un design de soi, de nombreuses propositions artistiques actuelles permettent de le bousculer, de le déstabiliser, de le remettre en jeu. Ces propositions interrogent notamment les techniques corporelles inscrites en (nouvelles) technologies. Mais l’art va sans doute plus loin encore : il élabore une pensée sur ces techniques corporelles, inventant ainsi des « technologies du corps » aptes à excentrer l’attention accaparée par les valeurs idéologiques déjà incorporées. Avec lui, le corps indivis de chair, de sang et de psyché, s’ouvre, s’hybride ou se métisse plastiquement.

Cécile Croce (MICA)Cécile Croce est MCF HDR en Esthétique et sciences de l’art à l’Université Bordeaux Montaigne, chercheur au MICA ; Chef de Département Carrières Sociales de l’IUT Bordeaux Montaigne. De la philosophie à la psychanalyse de l’art, elle développe une esthétique transdisciplinaire de l’œuvre.
Ouvrages Parus : Psychanalyse de l’art symboliste pictural. L’art, une erosgraphie (L’or d’Atalante, Champ Vallon, 2004) ; La vie d’une œuvre (Trinôme, 2014) ; Performance et psychanalyse. Expérimenter et (de)signer nos vies – suivi de Le Moi en jeu (col. Mouvement des savoirs, L’Harmattan, 2015)

Thème 2015-2017 : Anthropotechniques de l’auto-design – Premier cycle

Problématique

Dans notre monde de l’art, qui a succédé à celui de l’idéologie, le souci esthétique de soi est devenu le souci fondamental. Il a pris la forme de « l’auto-design ». Pour le pire comme pour le meilleur.
Le pire lorsque ses artistes-designers phares prennent la place du philosophe-roi de La République et de ses mille épigones pour mettre en œuvre un « design total » habile à drainer le désir de servitude volontaire de « l’homme-pluvier » du Philèbe, comme le craint une lignée de penseurs, de Marx à Stiegler en passant par Loos ou Foster.
Le meilleur comme l’espère une autre lignée, qui va de Nietzsche à Sloterdijk en passant par Michaud, Groys ou Shusterman, lorsqu’ils suscitent en tout un chacun le désir de designer sa propre existence pour ajouter l’exotisme de la petite touche de son auto-design au « design global » de la sculpture sociale du monde de l’art. Ce n’est que dans cette dernière perspective, sociale, éthique, politique et écosophique, que le fameux vœu de William Morris: « être beau de corps, de cœur et d’esprit en travaillant de conserve avec ses concitoyens dans un bel environnement » pourrait se réaliser.


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