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La sémiotique visuelle et ses écritures – Atelier 5/2021

Date/heure
14/05/2021
14 h 00 - 17 h 30

Emplacement
la Maison de la Recherche

Catégories


Atelier de sémiotique du MICA (2020-2021)

Pour participer, merci de vous inscrire auprès d’Anne Beyaert-Geslin

Télécharger le programme complet des ateliers.

Atelier 5/2021 : 14 mai

  • Francesca Polacci, Université de Sienne : « Dispositifs verbo-visuels dans l’art : quelques remarques sur écriture et énonciation ».
  • Odile Leguern, Université Lumière-Lyon 2 : « L’apprentissage de l’écriture cursive à l’heure des claviers, pour un nouvel éloge de la main ».
  • Julien Thiburce, CNRS – LabEx ASLAN / UMR 5191 ICAR : « Les graffitis au-delà des images. Pratiques urbaines débordantes et inscription du soi dans la ville ».

L’atelier se réunit le vendredi après-midi (14h à 17h 30) à la Maison de la recherche, campus de l’Université Bordeaux-Montaigne. En fonction des conditions sanitaires, l’atelier peut être amené à se dérouler en ligne.

La sémiotique visuelle et ses écritures

La sémiotique visuelle n’a cessé d’interroger son appellation afin de stabiliser son épistémologie et ses méthodes. Est-il plus pertinent d’évoquer une sémiotique visuelle en s’appuyant sur la modalité vers laquelle convergent toutes les informations sensibles (mais il faudrait alors envisager une sémiotique auditive, gustative, olfactive…) ou une sémiotique de l’image (mais qu’est-ce qu’une image ? est-elle seulement matérielle ou également mentale ? relève-t-elle seulement de l’expérience ou également de l’existence ?) ? Elle a cherché le niveau de pertinence le plus adéquat, qui peut être le genre (une sémiotique du paysage, du portrait [Beyaert-Geslin 2017], etc), le support ou médium avec une focalisation particulière sur la photographie (Barthes 1980 ; Floch 1986 ; Schaeffer 1987 : Basso Fossali et Dondero 2011), le statut (image artistique, religieuse, scientifique, etc). Cette catégorisation n’exclut pas l’intégration de l’image à des domaines qui la confrontent à d’autres objets (la sculpture ou l’installation pour la sémiotique de l’art) ou l’offrent à des discours syncrétiques (la publicité, par exemple). Récemment, elle a été abordée sous l’angle du geste énonciatif et rapportée au numérique (Basso Fossali, Colas-Blaise, Dondero et Monticelli 2017).

L’atelier se consacre cette année à la sémiotique visuelle et propose de questionner ces catégorisations et découpages disciplinaires pour évaluer leur pertinence. Il met plus particulièrement en avant la notion d’écriture partagée par les discours verbal et plastique. L’écriture qui renvoie à la ligne (Ingold 2011), à la trace (Galinon-Mélénec 2015 et 2017) et à l’empreinte (Fontanille 2006) est plus exactement une empreinte directe (Schaefer 1987) au sens où elle implique le corps lui-même. A la différence du geste qui se rattache évasivement au corps et souligne sa spatialisation, l’écriture renvoie essentiellement à la main qui, en assumant l’expression de soi, s’exprime et s’expose. Porter l’attention sur l’écriture manuelle (la formule est presque pléonastique) et non lumineuse ou numérique suppose de solliciter diverses disciplines à côté de la sémiotique telles que les sciences de l’information et de la communication, la linguistique et l’anthropologie, mais aussi les écrits des plasticiens (Dubuffet 1973 ; Matisse 1972, par exemple) et des artistes (Boulez 1989) qui « racontent » la pratique « de l’intérieur ».

En nous autorisant à faire le lien entre les écritures de l’art pariétal et les graffitis d’aujourd’hui qui sont, les unes comme les autres, des expressions de soi, cet éloge de la main assume la contemporanéité définie par Agamben (2008 : 11) comme une « singulière relation avec son propre temps, auquel on adhère tout en prenant ses distances ». L’atelier de sémiotique veut ainsi observer les images à nouveaux frais, « rebattre les cartes » épistémologiques de la sémiotique visuelle et poser, par ce premier échange, les bases du programme Graffcity, appropriations urbaines imagées financé par la Région Nouvelle-Aquitaine et soutenu par la Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine, qui a débuté en 2020.