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Journée d’étude – Le corps des jeunes à l’ère du numérique

Date/heure
21/02/2019
9 h 15 - 18 h 00

Emplacement
la MSHA

Catégories


Le corps des jeunes à l’ère du numérique : Engagement et Re-présentations au Japon et en France

En partenariat avec Kakenhi, Université de Saitama, Université Bordeaux Montaigne, Laboratoire CLARE EA4593, Musée d’ethnographie de Bordeaux, AFRAPS et MSHA.

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Événement

Le Musée d’ethnographie de l’université de Bordeaux vous accueille pour une visite guidée de l’exposition Best of, un regard sur les collections le mercredi 20 Février à 15h. Ce sera l’occasion d’y découvrir l’objet du mois sélectionné et présenté par l’ethnologue Fabienne Duteil-Ogata dans le cadre la journée d’étude franco-japonaise.

Accès libre et gratuit.


Comité d’organisation :

Duteil-Ogata Fabienne, (MCF), Études Japonaises (UBM), Miura Atsushi, Pr. Post-Graduate des sciences humaines et sociales, (Université de Saitama), Terado Junko, chargée d’enseignement à la faculté des Lettres (Université de Senshû), Suchet André, MCF STAPS (UB), Chave-Dartoen Sophie, (MCF, HDR), Ethnologie-anthropologie sociale et culturelle (UB), Beccucci Laurène, Doctorante au MICA (UBM), Granval Louise, Étudiante M2 Études japonaises (UBM), Leconte Océane, Étudiante M2 Études japonaises (UBM).

Argumentaire

Basée sur des données empiriques au Japon et en France, cette journée d’étude vise à faire dialoguer plusieurs disciplines des sciences sociales : l’anthropologie, les Sciences de l’Information et de la Communication (SIC) et les Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS) sur la thématique de l’engagement et des re-présentations du corps des jeunes à l’ère du numérique dans une démarche heuristique et exploratoire.

Initié par un programme de recherches (2016-2019) intitulé « Étude comparée de la corporalité des jeunes Japonais volontaires dans la réalité virtuelle et concrète à partir de l’usage des SNS » subventionné par la Société Japonaise de la Promotion des Sciences (JSPS) dans le cadre des Recherches Exploratoires d’Ambition, cette journée a pour objectif de créer un dialogue entre chercheurs japonais et français et d’initier de nouvelles dynamiques de recherche.

En 1995, le numérique a pris son essor au Japon, comme dans de nombreux pays au monde, au même moment où se produisait le séisme de Kobe Hanshin Awaji Daishinsai, qui vit l’avènement du volontariat (création en 1998 du statut légal des associations à but non lucratif, NPO Non profit Organization). En effet, face à l’incapacité du gouvernement japonais à prendre des mesures efficaces et rapides, 1,3 million de personnes se sont portées volontaires pour aider les victimes, parmi elles de nombreux jeunes se sont engagés physiquement pour autrui (Ogawa, 2010). De même, en 2011, le séisme de Tohoku a vu le développement de l’usage des SNS (Social Network Systems) chez les Japonais.

Cette concomitance, coïncidence temporelle entre l’essor d’une nouvelle technologie qualifiée souvent de Révolution numérique (Rémy Rieffel, 2014) et l’implication corporelle sur le terrain de jeunes gens, nous a conduit à nous interroger aujourd’hui plus de vingt ans après sur la corporalité des Digital Natives dans leur engagement dans différents domaines de la vie sociale à travers notamment le tissu associatif sportif, humanitaire, (Bouneau C, Callède J-P, 2015) et leurs représentations en ligne et hors ligne.
Si le corps et Internet ont en commun d’être deux formes de médiatisation du monde, la place du corps à l’ère du numérique fait toutefois l’objet d’interprétations contrastées par les spécialistes des sciences sociales. Pour certains, la révolution numérique annihilerait le corps, on assisterait même au refus du corps, à l’adieu au corps (Le Breton, 1999), pour d’autres au contraire, le corps est une présence indéniable sur la toile, il s’agit de traces (Galinon-Mélenec, 2015) d’une mise en corps des technologies (Casilli, 2016) ou d’un corps commutatif (Ibanez Bueno, 2016).

Qu’en est-il précisément ? Sera interrogé le corps des jeunes, les Digital Native (Stenger, 2015 ; Kimura, 2012) engagé dans des associations sportives, humanitaires et/ou sur les réseaux sociaux (Facebook, Line, Instagram) afin d’analyser les formes de l’engagement au XXIème siècle (Plaisance, 2017) et leurs re-présentations in situ et/ou sur Internet.

Plusieurs axes de réflexion parcourront cette journée :

Visibilité, Re-présentation et Narration du corps

1) Que disent les jeunes de leur corps ? Que montrent-ils de leur corps ? Quelles sont les limites de l’exitimité : la pudeur, l’intime, l’intimité, le privé, le public ? Comment le corps est-il re-présenté ? Et à quelle occasion ? Quel est le sens à donner à la visibilité de son corps ? S’agit-il d’une mise en scène basée sur les ressorts de la théâtralité chers à Erving Goffman (Goffman, 1973) ou sommes-nous confrontés à de nouvelles formes narratives en ligne et hors ligne ?

Engagement corporel, motricité

2) Quelle place occupe le corps dans l’engagement des jeunes au sein des associations sportives, humanitaires et/ou réseaux sociaux ? Comment est mobilisée l’action physique ? Quelles sont les formes de l’implication corporelle, leur motricité ? La re-présentation du corps est-elle indispensable à l’engagement, au volontariat ? Quelles sont les qualités corporelles mises en avant ? Quelles sont les différences de re-présentation du corps entre l’activité volontaire, le travail, l’activité de loisir ? Comment leur engagement corporel se traduit-il (ou non) in situ et sur le Web ?

Ontologies du corps
3) Plus généralement quelles sont les ontologies du corps (Brohm, 2017) qui sous-tendent à cet engagement et aux re-présentations ? Comment s’articulent le corps pour soi (corps vécu, subjectif, singulier) ; le corps pour autrui (corps perçu, évalué, désiré, manipulé pour autrui) et le corps en soi (corps objectivé en tant que réalité abstraite, anonyme) ?

4) Enfin, à l’issue de la journée, le dialogue entre recherches effectuées au Japon et en France permettra de mettre en évidence des analogies ou différences d’engagement de re-présentation du corps et d’interroger les pratiques des réseaux sociaux afin de déterminer si l’on fait face à des pratiques différenciées ou à une pratique générationnelle mondialisée et d’initier une
réflexion épistémologique.

Références bibliographiques

Bouneau, C. & Callède, J-P. (Eds), (2015). Figues de l’engagement des jeunes, Bordeaux : Maison des sciences de l’homme d’aquitaine.
Brohm, J-M. (2017). Ontologies du Corps, Nanterre : Presses universitaires de Nanterre.
Casilli, C. & Tubaro, P. (2016). Le phénomène « pro ana »- troubles alimentaires et réseaux sociaux, Paris : Presses des Mines.
Galinon-Mélenec, B., Liénard, F., & Zliti, S., (Eds), (2015). L’homme-trace- Inscriptions corporelles et techniques, Paris : Éditions du CNRS.
Goffman, E. (1973). La mise en scène de la vie quotidienne – La présentation de soi, Paris : Éditions de Minuit.
Ibanez-Bueno, J. (2016). Le corps commutatif : de la télévision à la visiophonie, Université de Savoie.
Kimura, T, (2012). デジタルネイティブの時代、Dejitaru Neitibu no jidai (L’ère des Digital Natives), Tôkyô, Heibonsha.
Le Breton, D. (1999). L’adieu au corps, Paris : Métaillé.
Ogawa, A. (2010). The Failure of Civil society ? New York : State University of New York.
Plaisance, G. (2017). L’engagement, ni militant, ni syndical, no partisan, FYP Editions.
Rieffel, R. (2014). Révolution numérique, révolution culturelle ?, Paris : Gallimard.
Stenger, T. (2015). Digital Natives, Culture, Géneration et consommation, Paris : EMS


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