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Conférence : « Enhancement » : Performance et auto-design de l’homme-cyborg
Bernard Andrieu

Date/heure
21/10/2015
16 h 30 - 19 h 30

Emplacement
Université Bordeaux Montaigne - salle M104

Catégories


Conférence de Bernard Andrieu

mercredi 21 octobre 2015 – 16h30 à 19h30 – Université Bordeaux Montaigne – salle M 104, Pessac
ligne B, station de tram « Montaigne-Montesquieu »


Une conférence proposée dans le cadre du séminaire de l’axe 4 du Mica : Art, design, scénographie : figures de l’urbanité (2015-2016) sur le thème : Anthropotechniques de l’auto-design

Présentation : Bernard Lafargue et Thomas Brunel


« Enhancement » : Performance et auto-design de l’homme-cyborg

Dépasser ses capacités « Enhancement » exige une déconstruction non seulement mentale mais physique de son schéma corporel. Se déshabituer volontairement ou devoir reconstruire son schéma corporel après un accident implique de retrouver une possibilité de détermination par un nouvel entraînement. Soit en se retenant de faire ce que l’on a l’habitude de faire, forme d’ascèse, soit par une réparation motrice qui doit reconfigurer les réseaux en fonction de la plasticité. Cet écart est source de perfectibilité.

Une perfectibilité qui enjoint aujourd’hui tout homme à se sentir responsable de ce qu’il donne à voir et donc à s’auto-designer.

Bernard Andrieu est professeur de philosophie à l’Université Paris Descartes. Il dirige en Staps l’EA 3625 TEC « Techniques et Enjeux du corps », coordonne le GDRI 836 CNRS Body Ecology by Physical and Adapted Activities, anime la revue Corps (Ed CNRS) et le blog du corps.
Derniers ouvrages parus : La peur de l’orgasme (2013), Donner le vertige ( Ed Liber) 2014), Dans le corps de ma mère. Une méthode émersive, UFRNatal ed. français/brésilien, trad.. et préface de Petrucia da Nobrega (2015). Il a dirigé le numéro 27 de Figures de l’art en 2014, Les arts Immersifs, Dispositifs et expériences, éd. Puppa.

Thème 2015-2017 : Anthropotechniques de l’auto-design – Premier cycle

Problématique

:
Dans notre monde de l’art, qui a succédé à celui de l’idéologie, le souci esthétique de soi est devenu le souci fondamental. Il a pris la forme de « l’auto-design ». Pour le pire comme pour le meilleur. Le pire lorsque ses artistes-designers phares prennent la place du philosophe-roi de La République et de ses mille épigones pour mettre en œuvre un « design total » habile à drainer le désir de servitude volontaire de « l’homme-pluvier » du Philèbe, comme le craint une lignée de penseurs, de Marx à Stiegler en passant par Loos ou Foster. Le meilleur comme l’espère une autre lignée, qui va de Nietzsche à Sloterdijk en passant par Michaud, Groys ou Stiegler, lorsqu’ils suscitent en tout un chacun le désir de designer sa propre existence pour ajouter l’exotisme de la petite touche de son auto-design au « design global » de la sculpture sociale du monde de l’art. Ce n’est que dans cette dernière perspective, sociale, éthique, politique et écosophique, que le fameux vœu de William Morris: « être beau de corps, de cœur et d’esprit en travaillant de conserve avec ses concitoyens dans un bel environnement » pourrait se réaliser.


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