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N°32 - La ville dans tous les sens

La ville dans tous les sens

Revue N°32 - Decembre 2007

La ville dans tous les sens

Le dossier de Communication & organisation que nous avons intitulé "la ville dans tous les sens" s'intéresse à un espace urbain dont nous avons voulu saisir à la fois l'importance (plus de 80% de la population française vit en ville ; c'est aussi vrai ailleurs), la mutation (métropolisation, globalisation) et la complexité.Sous l'angle de la communication, nous avons souhaité que soit posée la question de la limite, à un moment de notre société de nouvelles technologies où les frontières sont invisibles, sans cesse repoussées plus loin, aussi loin que les communications le permettent, apportant un possible infini.Dans ce contexte, sans vouloir dramatiser, la ville apparaît aujourd'hui comme un théâtre passionnant d'expressions multiples, métissées contradictoires, qui interrogent notre société en muation accélérée. C'est donc une ville multiple, à la fois hétérogène et sectorisée, traversée par des réseaux de fonctionnalité, des réseaux affectifs, habillée par une complexité de messages contradictoires, qui est analysée dans ce dossier consacré aux "nouvelles écritures de la ville".

 

DOSSIER


Le dossier de Communication & Organisation que nous avons intitulé « la ville dans tous les sens » s’intéresse à un espace urbain dont nous avons voulu saisir à la fois l’importance (plus de 80% de la population française vit en ville ; c’est aussi vrai ailleurs), la mutation (métropolisation, globalisation) et la complexité, véritable « polyphonie urbaine » comme l’écrit Bernard Lamizet à propos de la communication urbaine dont le propos ouvre ce dossier. Sous l’angle de la communication, nous avons souhaité que soit posée la question de la limite, à un moment de notre société de nouvelles technologies où les frontières sont invisibles, sans cesse repoussées plus loin, aussi loin que les communications le permettent, apportant un possible infini.

Dans la ville, se mêlent les appartenances, les sociabilités, les cultures, les identités, se confrontent et se mêlent les différences et les antagonismes. La communication urbaine est donc une polyphonie, qui s’exprime dans les formes conflictuelles de la communication politique et dans les formes intégratrices de la médiation culturelle. Il s’agit d’une forme sémiotique de communication inscrivant les formes de l’expression et les dynamiques de la signification et de l’interprétation dans des lieux de communication qui articulent dans l’esthétique et la culture l’identité des acteurs et leurs langages dans la géographie politique de l’espace public. L’article envisage aussi les ruptures de la communication urbaine et les silences de la ville.

Paris est la scène, depuis quelques années, d’opérations dites « populaires et conviviales » qui jouent sur le principe de rendre accessible des lieux fermés et/ou interdits et de détourner des espaces de leur vocation première, à l’image de Paris Plage, Nuits Blanches, Fête de la Musique, etc. Ces événements festifs urbains offrent à l’ethnologue un terrain d’observation privilégié des modalités de production de la ville aujourd’hui. Le caractère classiquement rituel de ce type de manifestations se donne à voir dans leur dispositif événementiel et scénographique, leur répétition et leur codification. Mais leur ressort symbolique semble jouer également sur le décalage, voire l’inversion des lieux et des comportements associés. C’est la logique de la performance qui semble alors centrale. Comme si un nouveau régime de mise en présence de la ville, Paris en particulier et la grande ville en général, était entrain d’émerger.

L'urbanisation rapide du monde est un enjeu planétaire. Cet enjeu s'inscrit dans la mondialisation, c'est-à-dire dans le processus historique par lequel les individus accroissent leurs échanges matériels ou immatériels, à l'échelle de la planète. Les nouvelles technologies, supports de ces échanges invisibles, modifient notre relation au temps urbain. Le proche et le lointain, le dehors et le dedans, l'espace privé et l'espace public, s'interpénètrent. Ce qui pose la question de l'évolution des formes spatiales et sociales de la cité. Liés aux usages des objets communicants, de nouveaux comportements individuels au milieu d'inconnus apparaissent. Mais aussi, de nouvelles formes ritualisées de rencontre. L'intime devient public. D'un côté, on assiste au développement d'une société de surveillance, panoptique. De l'autre, au développement du festif généralisé. A partir de l'art urbain, il s'agit d'analyser le positionnement de l'individu face à un environnement devenu médiatique.

Les espaces d’architecture fluide se rapportent à des chantiers centrés sur une valorisation des matériaux, sur une redéfinition des paramètres d’expériences et sur un renouvellement des outils de conception, ouverts à des dynamiques plastiques innovantes organisées autour d’une relation entre modèle et modelé. Ces constructions délivrent à l’échelle de l’espace architectural et de l’espace urbain des jeux perspectifs et perceptifs qui instaurent une tension permanente entre le flux et le lieu. Les sites investis, les territoires marqués rejoignent de nouvelles manières d’habiter ou de vivre l’espace et encouragent de nouvelles expériences sociales.

L’auteur expose ici comment deux organisations, la mairie du Havre et l’UNESCO, émettrices de messages destinés pour la première aux habitants de la ville et pour la seconde au « monde », ont mis en oeuvre des processus de reconstruction de représentation de cette ville. Ces deux écritures correspondant à deux registres de la reconnaissance, l’analogie et l’expertise, se sont conjuguées, pour faire effectivement évoluer la lecture de la ville du Havre.

Afin de prévenir la crise urbaine et le malaise que connaissent les banlieues, des actions politiques et sociales ont été mises en oeuvre. L'enjeu des programmes politiques successifs (réhabilitation de l'habitat social, amélioration du cadre de vie) était de faire resurgir de la civilité et de la mixité sociale. Les manifestations violentes de banlieue des années 90 ont montré les limites de cette politique. Une nouvelle orientation est alors prise ; elle mise sur l'insertion par l'économique et le désenclavement des zones urbaines sensibles. Cette politique de rénovation urbaine a permis d'institutionnaliser la médiation comme mode de régulation sociale. D'initiative citoyenne, la médiation a été intégrée par les pouvoirs publics dans leurs politiques de la ville, comme gage de paix sociale. La pratique de la médiation prend des formes diverses, elle se veut à la fois pacificatrice, intégratrice et créatrice de lien social. Les premières évaluations territoriales de la médiation urbaine prouvent son utilité sociale.

Internet semble un moyen ubiquiste d’accès aux ressources traditionnellement offertes par la ville. Comme elle, il facilite l’interaction sociale, et donne accès à une infinité d’informations et de services, publics ou privés, marchands ou non. Sa large diffusion territoriale pourrait accréditer d’une part, l’idée de la mort de la ville, dont les ressources seraient désormais accessibles de partout, et d’autre part celle d’un effacement des disparités entre les différents quartiers de la ville par une égalité d’accès des différents groupes sociaux aux ressources de la société de l’information. Cet article cherche à montrer comment l’inégal accès des personnes à Internet, la diversité des pratiques communicationnelles, ainsi que l’action des opérateurs de réseaux, tendraient à accentuer la fragmentation sociale qui s’exprime dans la ville par la spécialisation sociale des quartiers.

Les quartiers des centre villes en cours de gentrification, tout de circulation, de communication et de métissage, s’opposent, par bien des aspects, symétriquement aux bidonvilles, où viennent s’agglutiner, se sédimenter les populations récemment urbanisées, abandonnées à elles-mêmes, dans une urbanité informelle en marge de la cité institutionnelle. Pour leur croissance incontrôlable et leur précarité propice aux mafias et au communautarisme, ils constituent, en dépit des ressources d’inventivité qu’ils mobilisent, un des grands maux de notre époque. Une enquête urbanistique menée sur les Chabolas, les bidonvilles de Madrid nous permet d’en prendre la mesure. Nous conjuguerons la description de cette microsociété avec une mise en perspective des connaissances recueillies en les resituant dans un projet anthropologique plus global, d’analyse de la civilisation planétaire, tissée par les réseaux de communication dont sont exclus les population des bidonvilles.

ETAT DE LA RECHERCHE


Au sein des contextes bâtis, de nombreux arts visuels, la sculpture notamment, sont très souvent liés ou même complètement intégrés aux compositions architecturales. De plus, de nombreux artistes vont être à la fois architecte, peintre, sculpteur et designer en exerçant, parfois simultanément, plusieurs de ces arts du dessin. Citons par exemple, pour l’Italie à partir de la Renaissance, Le Bernin, Brunelleschi, Michel-Ange ou Sansovino et, pour la France, Jean Goujon ou Pierre Puget. Plus près de notre époque, cette tradition d’un art total de l’habitat a été remise à l’honneur par le Bauhaus et les autres protagonistes du Mouvement moderne dont Le Corbusier et Robert Mallet-Stevens.

ANALYSE


Cet article aborde l’affichage urbain à travers l’étude d’un Passage (le Passage St Rémi à Bordeaux) qui est caractérisé par un télescopage d’affiches, d’enseignes institutionnelles et d’affichages sauvages. C’est à travers la sémiotique de l’objet et son cadre théorique autour de la tensivité du lisible et du visible que nous avons opéré. Le point de départ de notre étude, qui favorise le corps phénoménologique et permet de saisir l’articulation d’une manipulation spécifique entre objets, nous engage de nous déplacer en doublant le postulat perceptif par celui de la pulsion (le pousse-à-voir psychanalytique). Ainsi l’affichage urbain serait une quête sans suspension possible, sans butée de l’au-delà du visible et entretiendrait à vide, un regard qui ne verrait plus grand-chose

Suite au développement des technologies de l’Information et de la Communication, la croissance de l’entreprise doit tenir compte des variables non seulement internes, mais de plus en plus externes. L’étude porte sur 140 TPE camerounaises appartenant à divers branches d’activités économiques. Les résultats de cette recherche indiquent que le niveau d’études du dirigeant ainsi que ses aspirations n’ont aucun impact sur le développement de l’entreprise.

Cet article a pour but de présenter les options méthodologiques choisies afin d’étudier, de relever et d’analyser la qualité des interactions communicationnelles d’opérateurs d’entreprises partenaire en situations de gestion (Girin 1983). Le dispositif méthodologique proposé permet d’écarter le reproche classique adressé aux chercheurs en analyse conversationnelle relatif à l’absence de l’organisation dans leur analyse.

EXPERIENCE


« Mission Repérage » est une expérience réalisée dans treize villes de France pendant trois ans (2002 à 2005). Elle met en contact un élu et un artiste qui, pendant une journée, se promènent dans la ville pour échanger leurs émotions et imaginer des possibles projets urbains.

ENTREVUES


Claude Lévêque  est un artiste plasticien français, présent sur la scène de l’art contemporain.Né en 1953 à Nevers, il vit et travaille à Montreuil en Région parisienne, à Pèteloup dans la Nièvre et partout ailleurs. Après des études à l’école des Beaux-Arts de Bourges, il démarrera son parcours d’artiste dans les années quatre-vingt. C’est à Paris, qu’il côtoiera le monde de la publicité, de la musique et de l’art contemporain. Il deviendra un producteur d’installations qui ne se répètent pas car ce sont les « aspects relationnels et les vibrations d’un lieu » qui guident son travail. Attiré par les lieux singuliers, Claude Lévêque joue avec eux dans l’espace public ou les travaillent de l’intérieur. Il aime « placer les visiteurs en embuscade » pour déjouer le rationnel et inventer une sensorialité calculée. Il transforme les lieux avec la lumière et le son pour construire des installations renversantes et décalées qui amènent le questionnement sur soi et les autres. L’espace, qu’il investit, est libre d’interprétations, de manipulations, d’expérimentations pour permettre un croisement de son histoire avec le lieu et les hommes. Il cherche à ce que le visiteur se positionne.Ces installations, stimulées par l’appropriation des visiteurs, sont des invitations au voyage dans un univers poétique et sensible en contre-point du « monde dur et impitoyable d’aujourd’hui » .

BIBLIOGRAPHIE