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Appel à publication : Communication & Organisation n°44

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  L'ACTU DU LABO MICA > MEDIATION | INFORMATION | COMMUNICATION | ART
APPEL A PUBLICATION
COMMUNICATION & ORGANISATION n°44
 

Risques mineurs, changements majeurs


Dossier coordonné par Elizabeth Gardère et Nicole d'Almeida


 
 

L’intérêt de ce dossier est d’analyser comment s’opère, sous l’effet de l’information et de la communication, le couplage entre une culture généralisée du risque (Beck, 2008) et une réorganisation du social, des pratiques et des modes de vie tant individuels que collectifs. Ce processus sera envisagé de l’amont à l’aval, de la qualification-formalisation des risques aux dispositifs d’éducation et de prévention déployés à tous niveaux (école, structure familiale, organisations, institutions). Dans cette dynamique, la part de l’information et le travail de communication jouent un rôle décisif qu’il s’agira ici d’analyser. Cela, qu’il s’agisse de la rationalité des choix, des soubassements de l’éthique, ou encore des valeurs de l’action dans le respect d’un principe de responsabilité (Jonas, 2008). Aussi, les changements de société (Latour, 2008) s’accompagnent d’un questionnement sur les pratiques et diagnostics.

Ce numéro 44 s’adresse à des chercheurs d’horizons divers, appartenant à différentes disciplines mais tous engagés dans une réflexion critique des modèles, présupposés ou conséquences théoriques de la safe society qui se profile et que nous pouvons caractériser comme une société d’énonciation et de dénonciation. Il s’agit d’explorer les mille et une figures du risque tel qu’il se dit, se construit, s’enseigne ou se prévient. Dans la circulation de la catégorie de risque, dans sa configuration, sa rhétorique et ses dispositifs se joue un processus civilisationnel qui n’est pas sans rappeler les travaux de Norbert Elias dans La Civilisation des Mœurs. Sans se consacrer spécifiquement aux crises et risques majeurs (de type nucléaire), il s’agit de mesurer la place au quotidien des processus d’information et de communication dans des sociétés où les maîtres mots sont ceux de risque, précaution et sécurité.

Les ruptures introduites par l’accélération technique et technologique, par la culture du nouveau capitalisme (Sennet, 2012), et l’idéologie de la globalisation opèrent une dérégulation et génèrent une incertitude généralisée dont la culture du risque est une des réponses. A l’idéologie libertaire de l’ouverture succède une idéologie sécuritaire qui anime tous les aspects de la vie quotidienne : de la consommation des produits aux relations aux autres via les techniques du soi (Foucault). La fragmentation de la vie sociale, des êtres humains et de leur environnement s’accompagne d’une banalisation de la catégorie de risque qui s’applique à tous les interstices de la vie. Paradoxalement, l’appel à une société de l’innovation et l’injonction contemporaine de créativité se doublent d’une volonté de risque zéro et de la création de dispositifs de normalisation à large échelle. Tandis que le pouvoir et l'autorité se délitent ou se répartissent selon le principe de subsidiarité au niveau politique, la dimension économique et le plan social sont reconsidérés dans un contexte ou des risques mineurs produisent des changements majeurs à l’échelle de l’individu et de l’environnement, notamment en termes de menace sociale ou environnementale.


Les contributions sont attendues autour de deux axes

Le risque :
Une réflexion sur la communication des nouvelles éthiques des entreprises engagée en 2005 dans le numéro 35 de la revue se prolonge aujourd’hui à la faveur des formes émergentes. L’environnement, le développement durable, l’écocitoyenneté, la RSE, la communication engageante et bien d’autres sujets, sont au cœur des discours et des pratiques civiques et organisationnelles du XXIe siècle. Cela nous invite à questionner l’institution de l’objet Risque (objet théorique et sociodiscursif) dans le champ des SIC et par là à réenvisager la production des normes économiques et sociales. Par ailleurs, la notion de justice sociale défendue par Fraser (2011) dans le respect de la distinction entre une politique de reconnaissance et une politique de redistribution est questionnée. Quels sont les nouveaux dispositifs de captation des individus par des stratégies de communication (D’Almeida, 2012), avec quelles règles et quelles valeurs ? Des ONG à la sphère politique en passant par l’organisation au sens large, les formes participatives du débat public, le Web 2.0 décloisonnent l’espace public et sont simultanément des espaces d’expression et d’installation du risque dans la fabrique de l’opinion publique.

Le changement :
Dès 1993 la revue Communication & Organisation dédie un dossier structurant sur le changement organisationnel : une perspective organisationnelle ? Il est complété en 2008 par le numéro 33 de cette même revue,qui acte le prologue d’une anthropologie du changement organisationnel en tant que notion émergente. Remontant aux années 1960, les travaux de Lewin, Cyert et March démontrent la nécessité d’adaptation, de souplesse et de réactivité des organisations, tandis que dans le même temps, Emery et Trist ou encore Burns et Stalker avancent que seul le contexte externe conditionne la structure de l’organisation rangeant par conséquent cette approche dans l’approche déterministe et fonctionnaliste. De la force du récit aux postures de management soutenues par des dispositifs numériques, des TICE et des stratégies d’acteurs, le changement est revisité dans ce numéro jusqu’aux années 2000 avec le passage d’une vision statique à la dynamique du changement (Collins et Porras ; Duck). Loin de l’optimisation gestionnaire, les approches discursives et l’apprentissage organisationnel et social des risques sont analysés dans leur appareillage communicationnel et leur environnement.
Le numéro 44 ira au-delà de ces acquis sur le changement organisationnel. Ce dernier pourra être abordé sous l’angle d’un paradigme, d’un mode de gouvernance, d’une expérience, ou encore par le biais des pratiques d’acteurs au prisme de la précarité des organisations et de l’incertitude de leur environnement. L’enchevêtrement des discours, des techniques et des pratiques sera au cœur de cette relecture de la question du changement à l’heure de la généralisation des risques.

 

Les propositions doivent être transmises à :
Elizabeth Gardère : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Nicole d'Almeida : nicole.d'Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Calendrier :
Date limite de remise des propositions : 15juin 2013
Sélection des propositions : 1er juillet 2013
Remise de l'article intégral : 1er octobre 2013
Evaluation par le comité de lecture : 1er novembre 2013
Retour des articles définitifs :
1er décembre 2013
Publication de la Revue :
1er janvier 2014
 
 
 
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